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Serial storytelling business

27 février 2015
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Contes immersifs et résultats gagnant-gagnant.

Le transmédia est un dispositif qui consiste à développer un monde cohérent qui s’enrichit par l’utilisation de différents supports (télévision, Internet, mobile, tablette, livre, etc.). Ces derniers amènent, par leur spécificité technique, un élément additionnel à l’histoire et sont liés entre eux par des points d’entrée. Quand la narration classique du storytelling suscite l’émotion, le transmédia, lui, l’enrichit en immergeant le public visé.

Serial storytelling business
L’intérêt pour une marque d’utiliser le transmédia storytelling est de s’y intégrer en plaçant ses produits, une pratique déjà courante depuis longtemps dans les productions cinématographiques et audiovisuelles. Mais en utilisant ce dispositif, elle peut aller encore plus loin et créer son propre univers.

L’utilisation du transmédia par les marques apporte d’un côté, l’expérience vécue dans l’univers imaginé et de l’autre, l’ancrage dans le réel grâce aux produits/services disponibles. Ce lien entre fiction et réalité est un point fondamental du dispositif transmédia.

S’il te plaît, raconte-moi une histoire…

Les marques ont toutes une histoire à raconter, que ce soit sur leur fondation, leurs valeurs, leurs succès, les avantages qu’il y a à les choisir, leurs forces, etc.
Les histoires qu’elles racontent se développent autour de leurs valeurs. Ces dernières constituent l’identité de la marque, celle qui fait adhérer et qui fidélise le consommateur. Elles permettent de partager une façon de voir le monde et d’adopter un mode de vie.

L’image véhiculée par une marque est un élément de différenciation par rapport à ses concurrents, mais elle permet aussi au consommateur de se distinguer des autres.

Il était une fois Gabrielle, née sous le signe du lion

Inside Chanel.com est un bel exemple de brand content utilisant le storytelling. Le site nous emporte dans l’histoire de la marque aux C entrelacés. 12 chapitres retraçant la vie, les inspirations et l’oeuvre de Gabrielle Chanel alias Coco. Vidéos stylisées, sublimement habillées d’un univers sonore et d’une voix off feutrée. Ces petits bijoux rassemblent la quintessence de cette marque de luxe. On voyage entre success-story, témoignages et mythes, une composition saisissante et séduisante qui donne envie d’adopter le « code Chanel ». Cette dernière réaffirme par ailleurs son positionnement en parlant à ses clients connaisseurs, mais aussi en éduquant les nouveaux clients venant des pays émergeants et les amateurs du luxe démocratique*.

Un monde à tiroirs

Le transmédia storytelling crée un univers fictionnel qui s’étend à travers différents moyens de communication. La caractéristique de ce dispositif est de pouvoir y pénétrer par de multiples entrées, d’où l’utilisation indispensable de supports variés.

Pour développer son univers transmédia, la marque peut, par exemple, l’installer dans un spot publicitaire. Un site internet dédié élargira quant à lui l’expérience avec des éléments nouveaux accessibles sur les réseaux sociaux. De là peuvent suivre différentes réalisations proposant des aventures supplémentaires développées dans des livres, des web-séries ou des jeux.

Storytelling : Fruit de toutes les passions

Parmi les nombreuses marques ayant inventé un univers en utilisant habilement le dispositif transmédia, il y en a une qu’on ne peut pas manquer de citer : Oasis. Avec son langage tutti-frutti, ses personnages hauts en saveurs et surtout SON univers décalé, la marque aux jus de fruits a tout gagné. Arrivée sur Facebook en 2009, Oasis a fédéré plus de 3 400 000 fans grâce à sa communication survitaminée alliant personnifruication et langage pulpé.

On peut dire que la marque sait les divertir : web-série, parodies de films, réactions à chaud sur l’actualité et autres produits dérivés. Sur le site dédié, les Internautes peuvent accéder à des contenus supplémentaires (fiches d’identité des fruits, actu, bonus, avatars, etc.) et des éléments additionnels alimentent les épisodes de la web-série « L’effet Papayon ». De l’annonce sur Le bon coin à la parodie du site Youporn, les Internautes sont invités à s’immerger dans ces différentes entrées (les rabbit hole**), fusionnant la fiction avec la réalité. Grâce à cette nouvelle façon de communiquer, en inventant son propre univers et en l’intégrant dans la vie de ses consommateurs, Oasis a redonné un coup de peps à son image.

Serial storytelling business
Un dispositif loin d’être superflu…

Plus qu’un simple produit ou service, la marque propose un univers à part entière et fait appel aux émotions des consommateurs. Elle devient créatrice de divertissement et sort de la publicité traditionnelle pour renouveler la relation qu’elle a avec ses clients.

La force du transmédia réside dans le fait que l’expérience apportée renforce l’engagement du consommateur en le rendant acteur de la campagne et en le touchant émotionnellement. De plus, son temps d’exposition au message est allongé ce qui permet une meilleure mémorisation, indicateur clé de l’efficacité publicitaire.

…pour lequel il faut respecter deux conditions

Le message doit être simple, compréhensible par tous et la récompense doit être à la hauteur de l’implication demandée. Le storytelling doit être visuel et étayé par des photos, des illustrations, des schémas, etc. Ce principe permet de relayer une information plus simple et plus claire, qui sera par conséquent, mieux assimilée.
Le temps passé à voyager dans l’univers narratif, développé par la marque, doit offrir un moment d’enrichissement à l’Internaute. Il doit apporter des connaissances, du divertissement et aussi de l’apprentissage culturel comme l’illustre Inside Chanel. La marque peut aussi offrir des réductions, faire découvrir des nouveautés en avant-première, envoyer des invitations, etc.

En mettant en place une narration transmédia, les marques privilégient une communication Pull (la personne cherche l’information) plutôt que Push (l’entreprise envoie l’information), considérée aujourd’hui comme trop intrusive. Le consommateur préfère avoir le choix de la suivre ou non.

Une stratégie aux résultats synonymes d’accélération

Adopter cette stratégie de partage d’informations et d’invitations à vivre des expériences, permet aux marques de fidéliser leurs clients. Ces derniers ne manqueront d’ailleurs pas d’en faire la promotion, un résultat gagnant/gagnant ! En 2013, la marque de jus de fruits Oasis a augmenté son chiffre d’affaire de 100% (source : culture crossmedia). Elle maintient aussi sa seconde place au classement des boissons sans alcool en France derrière Coca-Cola, avec un chiffre d’affaire de 180 Millions d’euros en 2014 (source LSA). Un résultat qui laisse sur le jus !

*Le luxe démocratique est un terme marketing qui consiste à mettre sur le marché des produits plus accessibles afin de capter une clientèle plus jeune, moins aisée et plus occasionnelle.

**Rabbit Hole : « porte d’entrée par laquelle un spectateur, un internaute ou un fan peut entrer dans l’univers narratif développé par le storyteller. Ce peut être un site internet, un email, une page Facebook ou encore l’élément central du dispositif comme la série ou le film. » (source www.therabbithole.fr)

2 responses to Serial storytelling business

  • generali lebensversicherungen adresse says on 5 novembre 2016 at 7 h 59 min

    This was my second order from Bloomex, and the service and flowers were great both times. I’m out of town but my sister, who lives in the area, tells me the flowers are fresh & gorgeous. I highly recommend Bloomex!

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  • Stéphane Dangel says on 1 mars 2015 at 17 h 10 min

    Précisons que le transmédia est totalement différent du cross-média : il y a souvent une confusion entre les deux, même de la part de communicants chevronnés. Le cross-média est la déclinaison d’une même communication sur différents supports (mais c’est bien de la même chose dont il s’agit, au fond, seul l’habillage change). Le transmédia, c’est tout autre chose : chaque média utilisé est à la fois autonome et complémentaire, en apportant quelque chose à l’histoire. Le transmédia répond à une logique de progression, le cross-média à une logique de diffusion.

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    • La rédaction says on 2 mars 2015 at 12 h 03 min

      Merci pour votre commentaire et ses informations complémentaires. Bonne journée !

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