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Le changement : menace ou opportunité ?

20 novembre 2014
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Francine Friederich, Docteur en Sciences Humaines, formatrice et coach en entreprise, nous a répondu avec brio le lundi 17 novembre au soir, dans le cadre sympathique du Marketing Club Alsace. J’espère vous faire partager le plaisir que j’ai eu à profiter de cette intervention pleine d’optimisme et de bon sens sur le changement, dans un petit résumé de cette belle conférence.

Le changement : menace ou opportunité ?


Le temps des bonnes résolutions

Francine FriedrichLa fin de l’année arrive avec ses valises pleines de promesses, de souhaits de changements pour l’année qui vient : « j’arrête de fumer, je perds du poids, je me mets au sport, etc. »
Le changement est donc souvent l’envie de changer la réalité ou pas, et Francine Friedrich nous rappelle à ce propos la phrase d’Antonio Gramsci : « l’ancien monde n’est plus, le nouveau n’est pas encore là, et entre les deux les monstres surgissent ». Il y a effectivement des phases incontournables du changement et il faut en accepter les périodes difficiles comparables à un deuil.
L’échelle du stress perçu, publiée par le psychologue Sheldon Cohen et ses collègues en 1983 est le test le plus utilisé dans la recherche en psychologie, pour évaluer à quel point une personne perçoit globalement les situations de sa vie et les changements en particulier, comme étant stressants. Même si le changement est choisi (et puisse-t-il être heureux) comme un mariage, un déménagement par exemple, nous n’éviterons pas les situations de stress que nous liste Francine :

  • Le déni
  • Le refus qui peut se manifester par de l’agressivité ou une argumentation contre le changement
  • La décompensation avec une période de lassitude voire de dépression
  • La résignation
  • L’intégration


L’équilibre des ressources et des objectifs

Il n’y a pas de changement de comportement possible, sans changement de notre manière de voir les choses et d’appréhender notre vie. C’est pourquoi la volonté de tout contrôler est un frein au changement et il est important d’apprendre à ouvrir son champ de vision pour évoluer dans le bon sens.
Un autre obstacle au changement est de surestimer les objectifs en sous-estimant les ressources à mobiliser pour les atteindre.
Lorsque nous décidons quelque chose, 4 éléments fondamentaux se manifestent : l’intuition, la peur, le stress et le conflit. Il faut les prendre en compte car ils contribuent au succès du changement.
Francine a appuyé son argumentation en rappelant que le risque vient de l’extérieur, tandis que l’audace vient de l’intérieur. La peur peut donner des ailes, mais elle peut aussi nous clouer au sol.


Le monde change et vous ?

Notre oratrice, qui aime poser cette question, y répond par une phrase de Confucius : « si tu veux déplacer une montagne, commence à déplacer les pierres » et elle nous renvoie vers le dernier ouvrage de Jacques Attali : Devenir soi, Paris, Fayard, 2014.
Bien entendu, le changement c’est prendre des risques et l’idée de Mark Twain prend alors tout son sens ici : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ».


Le risque est de ne pas en prendre

Il ne faut jamais oublier de fixer un objectif et d’accepter les périodes de doutes, d’obscurité en conservant la direction vers laquelle on souhaite aller. Notre experte nous renvoie vers le livre de Jacques Chaize sur les trois mutations de l’entreprise dont le titre dit tout : La porte du changement s’ouvre de l’intérieur, Paris, Calmann-Lévy, 1994.
Réussir le changement passe par des moments de recherche, de rencontres et de liens avec des personnes d’origines et de parcours qui peuvent être totalement différents, pour élargir au mieux son champ de vision et éclairer un objectif.


Pourquoi et pour quoi ?

Il n’y aura pas de changement sans savoir dire où l’on va ! L’enjeu est de donner du sens au changement et de construire une organisation basée sur des valeurs avec un management par le sens. Le mot autorité prend ainsi son origine essentielle, celle de « rendre auteur » et de manager les équipes avec des valeurs, du sens et du lien.
L’innovation est le fruit d’une succession d’états de faits : d’abord une insatisfaction qui rend nécessaire une évolution, puis une recherche en passant par une phase de persévérance et enfin, l’agilité ! C’est pourquoi il ne faut pas craindre l’échec, car il nous permet d’apprendre à travailler à partir d’un noyau positif.


La stratégie du dauphin

Winston Churchill disait : « Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge ». Et c’est ainsi que Francine Friederich rappelle une stratégie qui lui a été suggérée par les surfer. On retrouve dans l’eau la posture de la carpe qui s’enlise dans la vase et à l’opposé celle du requin qui fait sa loi cruellement et sans états d’âme.
Quant à la stratégie du dauphin, elle ne se trouve pas dans un rapport de force mais dans un rapport de flux…


Le changement en France

En France, le changement prend souvent une connotation négative et c’est le résultat d’une culture binaire qui rapporte tout au bien ou au mal, sans nuances. Cependant, le changement nécessite d’intégrer des effets positifs et négatifs dans leur globalité et d’apprendre à reconnaître ce qui s’est bien passé pour le mettre en valeur.
Nous devons agir sur ce qui dépend de nous et entamer un changement de paradigme en y intégrant l’entre-deux avec ses monstres, plutôt que de ne rien faire et à notre tour, nous enliser dans la vase…
Et pour clôturer sa conférence avec de l’optimisme, Francine Friedrich nous propose de consulter le site : reportersdespoirs.org qui rapporte ce qui est positif sans nous rabâcher tous les malheurs du monde, comme ont tendance à le faire la plupart des médias.

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