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Homo numericus, kezako ?

26 septembre 2013
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La Tortue Bleue, l’association qui prend le temps d’aller vite, a invité Jean-François Fogel, auteur de « La condition numérique » à parler de l’homo numericus ou, comme il le nomme, l’homo sapiens connecté.

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Jean-François Fogel (biographie de Sciences-Po) : Journaliste et consultant, licencié en sciences économiques, diplômé de Sciences Po et du Centre de Formation des Journalistes. Il a travaillé pour de nombreuses publications dont Libération et Le Point. Il a été, de 1994 à 2002, conseiller auprès de la direction du quotidien Le Monde. Il participe à la définition et à la mise en œuvre de la stratégie et de la conception rédactionnelle de la filiale numérique du Monde depuis 2000. Il enseigne à la Fondation pour un Nouveau Journalisme en Amérique Latine présidée par Gabriel Garcia Marquez.

Pour commencer, Jean-François Fogel a évoqué Netscape

Ce premier navigateur avait ouvert la voie et causé une première révolution dans l’accès au contenu. Puis l’arrivée de Google a permis la mise en avant d’un réseau où l’audience est également créatrice de contenus et puis Youtube, twitter, facebook ont été autant de Big Bangs à la base de ce qui est aujourd’hui un puissant réseau d’humains connectés.

Alors oui, c’est vrai, entre le twittos facebooké et 4chané, le foursquareur instagramiste bloggant à longueur de temps et ceux qui ont un rapport plus distant avec les réseaux, l’homo numericus ne se réduit pas à un profil, mais il y a quelques points communs : toujours à un doigt d’une interaction, à une seconde d’une alerte l’invitant à replonger dans le réseau humain qui l’observe et qu’il observe, l’homo numericus est connecté à son monde.

Sur le Net, véritable espace social, on partage, on échange, on apprend, on découvre, on s’insurge parfois (souvent)… Sa présence est d’ailleurs si diablement réelle, si concrètement installée dans nos vies, qu’elle tend à has beeniser le terme “virtuel”. En effet, quand l’homo numericus est connecté à ses contenus, ses semblables, ses infos, ses hobbies, tout cela est pour lui d’un réel absolu.

Dans ces circonstances, le monde de l’information et de la communication est confronté à une nouvelle réalité : la permanence d’internet change la donne, bouleverse des schémas établis, bouscule les hiérarchies. Exit le discours descendant, exit les logiques d’influences à l’ancienne, exit les prescripteurs classiques. La dissonance est permanente et la concurrence pour l’info n’a jamais été aussi violente.

Le réseau vous alimente, vous alimentez le réseau, vous “profitez gratuitement” de services qui vous changent la vie et, en échange, même si cela n’est pas toujours perçu, vous offrez vos données au réseau. Ces fameuses « data » sont le nerf de la guerre. Ou, plus précisément, plus encore que leur collecte, c’est leur traitement qui est au cœur du débat. Ces data collectées lors de vos sessions de surf permettent à divers “informateurs” de vous proposer des contenus qui vous correspondent et sont susceptibles de vous pousser à agir dans un sens qui vous va bien (c’est là que l’on peut se dire que finalement, l’outil formidable d’ouverture au monde qu’est internet, finit par nous faire graviter autour de nos centres d’intérêts, des amis avec lesquels on interagit le plus et de nous “enfermer” dans une bulle constituée par nos propres convictions…voilà sûrement pourquoi après une longue période de connexion, l’homo numericus finit par avoir le tournis)

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Homme de tribu, voyageant avec ses fans, ses influenceurs, ses followers, ses abonnements, ses abonnés au fond de sa poche, il vit dans un espace social ou le partage devient la norme.
Cette notion de partage est capitale dans une monde où la recommandation du tiers de confiance fait la loi. On shoote, on commente, on like, on clashe et on partage tout cela pour exister, pour participer, pour tisser des liens, pour ressentir et provoquer des émotions.

En conclusion, positif et plein d’entrain, JFG nous rappelle que si Internet est un espace social tenu par des algorithmes, le fluide qui coule dans ses veines est définitivement émotionnel.

À nous de jouer pour améliorer notre condition numérique.

 

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